Le Prophète, Gibran Khalil Gibran

Dimanche 23 août 2009

Alors un vieil homme, un aubergiste de son état, dit, Parle-nous de la boisson et de la nourriture.

   Il répondit :

   Je souhaiterais que vous Puissiez vivre du parfum de la terre et, telle comme une plante dans l’air, vous alimentez de lumière.

   Mais  puisqu’il vous faut tuer pour manger et dépouiller le nouveau-né du lait de sa mère afin d’étancher votre soif, que ce soit un acte de vénération.

   Et que votre table soit un autel sur lequel on sacrifie les créatures  pures et innocentes qui courent la forêt et la plaine, au bénéfice de ce qui est plus pur et plus innocent encore dans l’homme.

 

   Quand vous tuez une bête, dites-lui en votre cœur :

   "Par cette même puissance qui t’immole, je suis immolé moi aussi; et moi aussi je serai absorbé.

   Car la loi qui t'a livré entre mes mains me livrera à une main encore plus puissante.

   Ton sang est le mien ne sont autre que la sève qui nourrit l'arbre des cieux."

 

   Et quand de vos dents vous écrasez une pomme, dites lui en votre cœur :

  "Tes pépins survivront dans mon corps,

   Et les bourgeons de tes lendemains fleuriront dans mon cœur,

   Ton arôme sera mon haleine,

   Et ensemble nous nous réjouirons par  toutes les saisons".

 

   À l'automne,  lorsque vous cueillez le raisin de vos vignes pour le pressoir, dites en votre cœur :

   "Je suis, moi aussi, une vigne, et mes grappes seront pressées,

   Et tel un vin nouveau je serai gardé dans des jarres éternelles ".

   Et en hiver, lorsque vous tirez le vin, que se lève en votre cœur un chant pour chaque coupe ;

   Et que résonne dans ce chant une commémoration des jours d'automne, de la vigne et du pressoir".

Par Samia Nasr
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Lundi 6 juillet 2009
Les Vêtements

Dans l'oeuvre poètique " Le Prophète" de Khalil Gibran

Un tisserand dit : "Parle-nous du Vêtement".

 

      Et il répondit :

 

      "Vos vêtements dissimulent une grande part de votre beauté. Ils ne peuvent pourtant cacher ce qui n'est point beau.

 

      Bien qu’en eux vous recherchiez la liberté de votre intimité, il se peut que vous y trouviez aussi un harnais et une chaîne.

      C’est la peau plus nue et moins parée que je voudrais vous voir aller à la rencontre du soleil et du vent.

      Car le souffle vital est dans le rayonnement du soleil et la main de la vie est dans le vent.

            

      Certains d'entre vous disent : "C'est le vent du nord qui a tissé les vêtements que nous portons."

      Et je  dis : Oui, c'est le vent du nord.

      Mais la honte était son métier et la mollesse des tendons son fil.

      Et lorsqu’il eut achevé son ouvrage, il s’en alla rire  dans la forêt.

      N’oubliez pas que la pudeur est un bouclier contre le regard des impurs.

     Quand les impurs auront disparu, que sera la pudeur sinon une entrave et une corruption de l’esprit ?

      Et n'oubliez pas non plus que la terre aime sentir la caresse de vos pieds nus et que les vents rêvent de jouer avec votre chevelure.
Par Samia Nasr
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Mercredi 18 février 2009

Les Maisons

Dans l'oeuvre poètique " Le Prophète" de Khalil Gibran

 

      Un maçon s'avança et dit : "Parle-nous des Maisons".

      Il répondit en disant:

      Construisez de vos illusions un berceau de verdure dans les terres désertes avant que de construire une maison à l’intérieur des remparts.

      Car comme vous, qui revenez au foyer à la tombée du jour, le vagabond qui vous habite, le solitaire, le toujours  lointain, connaît lui aussi le retour.

      Votre maison est votre corps élargi.

      Elle grandit au soleil et dort dans la quiétude de la nuit. Et son sommeil n’est pas sans rêves. Votre maison ne rêve-t-elle pas ? Et en rêve ne quitte-t-elle pas la ville pour le bosquet ou la colline ?

 

     Je voudrais recueillir vos maisons dans ma main et, tel un semeur, les disperser dans les forêts et prairies.

     Je voudrais que les vallons soient vos rues et les verts sentiers vos allées, afin que vous partiez à la recherche les uns des autres dans les vignes et reveniez avec l’arôme de la terre dans vos vêtements.

     Mais ces choses ne peuvent encore s’accomplir.

     Vos ancêtres, dans leur pusillanimité, vous ont rassemblés dans une proximité trop grande. Et cette crainte perdurera quelque temps encore. Pour quelque temps encore les remparts de la ville sépareront vos foyers de vos champs.

 

    Et dites-moi, peuple d'Orphalèse, que détenez-vous dans ces maisons? Que gardez-vous derrière vos portes verrouillées ?

    Avez-vous la paix, calme pulsion révélatrice de votre puissance ?

    Avez-vous des réminiscences, arcades lumineuses qui relient les sommets de l’esprit?

    Avez-vous la beauté, elle qui mène le cœur à partir d’objets façonnés de bois et de pierre vers la montagne sainte ?

    Tout cela, dites-moi, avez-vous dans vos maisons ?

    Ou bien n'y avez-vous que le confort et la convoitise du confort, cette chose furtive qui se glisse dans la maison comme invitée, pour ensuite en devenir l’hôte, puis la maîtresse ?

    

   Enfin elle se métamorphose en  dompteur et munie d’un crochet et d’un fouet elle transforme vos désirs les plus vases en marionnettes.

   Soyeuses sont ses mains mais  son cœur est fer

   Elle vous apaise et vous endort pour se tenir à votre chevet et se gausser de la dignité de votre chair.

 

   Elle  se moque de vos cinq sens intacts et, tels des vases fragiles, les dépose dans le duvet du chardon.

   Oui, la convoitise du confort assassine la passion de l'âme, puis elle défile en grimaçant dans la procession funéraire.

 

   Mais vous, enfants de l'espace, qui dans votre quiétude demeurez inquiètes, vous ne laisserez ni dompter ni prendre au piège.

   Votre maison ne sera pas une ancre mais un mât.

   Elle ne sera pas un la pellicule brillante qui recouvre la blessure, mais une paupière protection pour l’œil.

   Vous ne replierez pas vos ailes pour franchir les portes et n’aurez pas à courber la tête pour éviter de heurter les plafonds. Vous ne retiendrez pas  votre respiration de crainte que les murs se lézardent et s’écroulent.

   Vous n'habiterez point des tombes bâties par les morts pour les vivants.

   Et malgré sa splendeur et sa magnificence, votre maison ne saura renfermer votre secret ni abriter votre désir.

 

   Car ce qui  en vous est sans limites demeure dans le séjour du ciel dont la porte est la brume matinale, et les fenêtres chants et silences de la nuit.

Par Samia Nasr
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Mercredi 18 février 2009

Dans l'oeuvre poètique " Le Prophète" de Khalil Gibran


Une femme dit alors:

Parle-nous de la Joie et de la Tristesse.

Il répondit:

Votre joie est votre tristesse sans masque.

Et le même puits d'où jaillit votre rire a souvent été rempli de vos larmes.

Comment en serait-il autrement ?

Plus profonde est l'entaille découpée en vous par votre tristesse, plus grande est la joie que vous pouvez abriter.

La coupe qui contient votre vin n'est-elle pas celle que le potier flambait dans son four ?

Le luth qui console votre esprit n'est-il pas du même bois que celui creuse par les couteaux ?

Lorsque vous êtes joyeux, sondez votre cœur, et vous découvrirez que ce qui vous donne de la joie n'est autre que ce qui causait votre tristesse.

Lorsque vous êtes triste, examinez de nouveau votre cœur. Vous verrez qu'en vérité vous pleurez sur ce qui fit vos délices.

 

Certains parmi vous disent: "La joie est plus grande que la tristesse", et d'autres disent: "Non, c'est la tristesse qui est la plus grande."

Moi je vous dis qu'elles sont inséparables.

Elles viennent ensemble, et si l'une est assise avec vous, à votre table, rappelez-vous que l'autre est endormie sur votre lit.

 

En vérité, vous êtes suspendus, telle une balance, entre votre tristesse et votre joie.

Il vous faut être vides pour rester immobiles et en équilibre.

Lorsque le gardien du trésor vous soulève pour peser son or et son argent dans les plateaux, votre joie et votre tristesse s'élèvent ou retombent.

 

    Khalil Gibran


Par Samia Nasr
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Samedi 7 février 2009

la Connaissance de soi.

Dans l'oeuvre poètique " Le Prophète" de Khalil Gibran

Un homme dit, Parle-nous de la Connaissance de soi.

   Il répondit :

   Vos cœurs connaissent en silence les secrets des jours et des nuits.

   Mais vos oreilles se languissent d'entendre la voix de la connaissance en vos coeurs.

   Vous voudriez savoir avec des mots ce que vous avez toujours su en pensée.

   Vous voudriez toucher du doigt le corps nu de vos rêves.

 

   Et il est bon qu'il en soit ainsi.

   La source secrète de votre âme doit jaillir et couler en chuchotant vers la mer,

Et le trésor de vos abysses infinis se révéler à vos yeux.

   Mais qu'il n'y ait point de balance pour peser votre trésor inconnu,

   Et ne sondez pas les profondeurs de votre connaissance avec tige ou jauge,

   Car le soi est une mer sans limites ni mesures.

   Ne dites pas : "J'ai trouvé la vérité", mais plutôt : "J'ai trouvé une vérité".

   Ne dites pas : "J'ai trouvé le chemin de l'âme". Dites plutôt : "J'ai rencontre l'âme marchant sur mon chemin".

   Car l'âme marche sur tous les chemins.

   L'âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu'elle ne croit tel un roseau.

   L'âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables.

Par Samia Nasr
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  • : Fathia Nasr
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  • : J'aime l'art sous toutes ses formes, littérature, peinture, 7ème art, théâtre, sculpture, photographie, les voyages. Je déteste la lâcheté, les faux amis et la bassesse. Mes mots clef sont: "Passion et Amitié".

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La passion des fleurs


La passion des fleurs

Créée le 21/05/09 par samiayann

L’île des fleurs

Sur l’île des fleurs,

Tout éveille nos sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,


Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,

Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
 


©Samia Nasr


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