La littérature marocaine

Lundi 29 décembre 2008

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Ahmed Ben Yessef est né le 26 octobre de l’année 1945 à Tétouan au Maroc, de Haj Mohamed Ben Yessef qu’il a tant fait souffrir à cause de sa vocation comme il dit dans son article « Ben Yessef  par Ben Yessef » et de Hajja R’kia Sordo plus tolérante à son égard, sauf pour les tâches et le désordre produits par la peinture.

 A l'âge de 17 ans, il décide d'abandonner les études pour s’inscrire à l’école des Beaux-Arts de Tétouan ensuite à l'École des Beaux Arts de Santa Isabel  de Hungria à Séville en 1967 ; depuis lors il vit à Séville.

 

« Ahmed Ben Yessef  a étudié à Tétouan et à Séville. Il représente un de ces ponts jetés entre les rythmes et la synographie calligraphique de tradition islamique, et les nouveaux styles et méthodes en vogue en occident. Plus que par les formes à peine insinuées, chez Ben Yessef, l’occupation totale de l’espace est réalisée avec les rythmes abstraits d’un paysage qui enveloppe littéralement les figures, agissant comme un complément très rapproché de son propre rythme, plus qu’en tant que pilier ou fond éloigné. Cette façon d’ordonner, qui n’est pas habituelle en occident, commence avec cette minière propre d’étirer les larges lignes sinueuses à double inflexion, en croix ou en T comme clouées dans une gorge, créant une compression spatiale qui n’est pas toujours oppressante et qui peut être même confortable à plusieurs reprises.

 

Cette façon de structurer l’espace pictural est de tradition islamique. Les éléments islamiques, nous les retrouvons également dans les fragments de signographie calligraphique, mais les européens sont plus fréquents, avec l’utilisation, parfois, des encollages et des raclages, mais aussi avec une libre fluidité du pigment, qui peut communiquer avec les plus rigoureuses tendances expressionnistes, même si les couleurs de celles-ci sont différentes et plus nuancées ». Par Carlos Arean à Barcelone, 1973

 

 


Par Samia Nasr
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Lundi 29 décembre 2008

Il n' y a pas d'adieu


Il n’y a pas d’adieu pour un grand poète,

Dans ses pénibles épreuves et ses conquêtes,

Ses paroles dont les cieux sont couvertes,

Dont les langues se répéteront en chanson

Par sa Palestine et ses frères musulmans,

Qui porteront le destin de cette triste perte.

 

Non, Mahmoud Darwich n’est pas mort

Puisque sa poésie éternelle est gravée en or ;

Son âme s’est envolée telle une hirondelle

Loin de la haine des hommes et les tristes ondes

Loin de la souffrance et les malheurs de ce monde

Loin de sa Palestine déchirée et loin d’Israël

 

Dans son agonie, il a vu les nombreuses colombes

Survolant les cieux loin des explosions des bombes,

Loin de cet ombre noir qui se ferme sur les hommes,

Espérant que Palestine et Israël marchent ensembles,

Mais il ne vit qu’un chemin noir qui les assemble,

Ainsi, son dernier poème fut écrit dans  les larmes


© Samia Nasr 2008

 

Par Samia Nasr
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Samedi 20 décembre 2008

La légende « Isli et Tislit » raconte l’histoire de deux lacs d’Imilchil : ils furent dans une époque lointaine deux amoureux dont les parents refusèrent le mariage ; ils moururent d’amour et se transformèrent en ces deux lacs nommés « Isli ET Tislit » signifiant « le fiancé et la fiancée ». C’est sur le bord de ces lacs que, lors du « Moussem des fiançailles d’Imilchil », les jeunes hommes et les jeunes femmes berbères se découvrent, s’observent, participent à des concours poétiques dans l’espoir d’y découvrir, séduire et épouser l’être aimé.

 

Que dit la légende ?

 

     Adrukh iwa ru iwa gakh tin ijdad

     A yasmum eqqar iâaqqub ar teqqarkh .

 

Traduction :

 

     « Je pleurerai

     Pleure

     Faisons comme les oiseaux

     O mon bien aimé

     Appelle Iâaqqub et que je l’appelle».

 

 

D’un bout à l’autre de la montagne d’Imilchil, Tislit envoyait ces vers devenus célèbres à son amoureux qui y répondait par des vers non moins pathétiques.

   

Célèbres ? Plutôt légendaires car ces deux vers renvoient dans la culture amazighe du Moyen Atlas, à une légende qui dit à peu près ceci :

 

« Il était une fois il y a de cela bien longtemps, deux amoureux qui avaient défrayé la chronique par leur idylle merveilleuse. Mais le Dieu de l’amour, outré par je ne sais quel manquement aux règles, après les avoir transformés en oiseaux, décida que les deux amoureux vivraient dans la même forêt sans jamais pouvoir se voir. »

 

C’est ainsi que commença le calvaire de ceux qui sont devenus une réalité pour les habitants du Moyen Atlas : tout le monde ici vous dira, à la nuit tombée, que les beaux cris qui se suivent, que vous entendez dire clairement : « Yaâkoub » puis « Ishaak » sont ceux des amoureux maudits. Ils s’interpellent ainsi et se rapprochent petit à petit l’un de l’autre, jusqu’à dit-on occuper le même arbre.

A ce moment là, craignant de crier en même temps et ne pas s’entendre, ils se taisent tous les deux en même temps, et un lourd silence enveloppe la forêt. A ce moment précis, le cœur tordu, les femmes et les hommes qui savent et qui croient en l’amouront les larmes aux yeux. Chacun a pitié de ces damnés de l’amour sans raison apparente.

 

« Ah si l’un d’eux pouvait enfin crier ! Se lamente la contrée ».

 

Les amoureux attendent, attendent, dans les soupirs et la folle envie de voir enfin le bien aimé. En vain. Le désespoir, la lassitude mais surtout la volonté de recommencer de nouveau les prend tous les deux en même temps : ils s’envolent chacun dans une direction et, quelques kilomètres plus loin, ils se reposent sur la cime d’un cèdre, d’un chêne, d’un pistachier sauvage, d’un quelconque arbre. Puis le calvaire de l’absence, de la nostalgie, de la douleur recommence à crier : « Iâakououb » «Ishaaaak»…

 

Depuis les temps les plus reculés, ce cycle se refait chaque nuit au Moyen Atlas, surtout pendant les longues nuits d’hiver et de printemps. Il paraît que les deux oiseaux n’aiment pas l’été pour une raison non encore élucidée.

 

C’est donc en souvenir de cet éternel recommencement que Tislit envoie les vers déjà cités à Isli.

 

Un an auparavant, les deux jeunes se sont rencontrés, se sont aimés de toutes leurs forces. Mais pour leur malheur, ils appartenaient à deux groupes devenus rivaux pour une affaire que l’histoire n’a pas retenue.

 

Le mariage leur était donc impossible. Ainsi commença leur calvaire.

 

Pour venir à bout de la bêtise humaine, ils commencèrent une grève de la faim arrosée par leurs larmes et leurs chants.

 

La fille commença la première à chanter cet interdit contre nature dans ces termes :

 

 « aha yach a memmi nu yach

Amuttl en umarg es imzwura“

 

« Je te dis mon ami

La malédiction de l’amour

Ce sont les anciens… »

 

Isli lui renvoya son izli ainsi:

 

«da etgallax ar i tebdit d ixf

allig da da zerrin midden walu

wer ya da essektayx »

 

« Je te jure que tu m’as séparé de ma tête

Et que les gens passent

sans que je les reconnaisse »

 

Tislit:

 

« Ennighak day ennighak amarg ennk

ami ezzlumx timzin

Iggama wul ad ikn ijjawn »

 

« Je te dis et redis:

Ton amour est comme qui mangerait

une épie d’orge

jamais mon cœur ne s’en rassasie »

 

Isli :

 

« ullah da tettax ar kni d ik tix assix afus

Ezzigh da tekkat inegri ed wuchi a wenna rix »

 

« je mange

et dès que je pense à toi

Je n’ai plus d’appétit

Ton absence est un obstacle

entre moi et la nourriture »

 

...un merveilleux arc en ciel fait par les mains de l’amour, s'étendait d'un bout à l'autre du lac, formant une couronne magistralement portée à la tête des deux amoureux d'Ait Hadiddou...

Je sais que ce lac sera notre adresse pour l'éternité .Tu verra, nous allons vivre dans la mort puisque on a été forcé de mourir dans la vie...

...et, désormais leur demain ''voulait dire malheureusement ''Jamais''...


 

Par Samia Nasr
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Vendredi 19 décembre 2008

Légende du Maroc : ISLI ET TISLIT

 

Il y a de cela très très longtemps, vivait au Maroc au cœur de l'Atlas une jeune fille nommait Tislit. Tislit était belle, vive et souriante.

En secret, elle aimait Isli un grand jeune homme d'une tribu voisine. Isli, de son côté, avait rencontré qu'une seule fois Tislit mais, depuis cet instant, son cœur ne battait que pour elle.

Un jour, un jour Tislit avoua à sa mère son amour pour Isli. Sa mère écouta puis en parla un peu plus tard à son mari. Ce même jour, dans le village voisin, Isli expliquait à son père qu'il souhaitait épouser Tislit mais, ni les parents de Isli ni ceux de Tislit n'acceptèrent cette union.

A cette époque tu sais, seuls les parents pouvaient choisir pour leur enfant, celui ou celle qui deviendrait son mari ou sa femme.

Tislit et Isli se retrouvèrent en cachette ce soir-là sur une petite colline située entre les deux villages. Tislit pleurait déjà en arrivant auprès de celui qu’elle aimait. En la voyant ainsi désespérée et sachant très bien que rien ne pourrait faire changer la décision de leurs parents, Isli éclata en sanglots. Les deux jeunes gens pleuraient en silence tout en se regardant, leurs larmes coulèrent, intarissables, toute la nuit...

 

Ainsi Leurs larmes ont créé les deux lacs, Isli et Tislit, les deux prénoms des deux amoureux


Par Samia Nasr
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La passion des fleurs


La passion des fleurs

Créée le 21/05/09 par samiayann

L’île des fleurs

Sur l’île des fleurs,

Tout éveille nos sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,


Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,

Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
 


©Samia Nasr


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