Poèmes Érotisme et Sensualité

Dimanche 14 juin 2009

De ses longs cheveux se voilant...

 

Le voile a glissé sans qu'elle voulût

Le voir tomber.

D'une main le saisit et de l'autre,

Nous fit signe

D'avoir à craindre Dieu, en réprimant

Notre curiosité avide.

 

Une main aux doigts teints,

Souple, aux extrémités déliées

Comme fruits de l'anam,

Qui semblent ne pouvoir

Se nouer, tant est grande

Leur délicatesse.

 

Puis, de ses longs cheveux noirs,

A demi bouclés, se couvrant,

Elle se ploya comme la vigne s'appuie

Sur l'étançon qui la soutient.

 

Puis elle te regarda comme

Pour te rappeler que, malgré sa prière,

Tu aurais pu obtenir ce que

Tu n'as pas essayé de prendre...

Lourd regard d'attente qu'un malade

Adresse à ceux qui viennent lui rendre visite.

 

AL-NABIGHA AL-DHOUBYANI (environ 535-604)

Par Samia Nasr
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Dimanche 14 juin 2009

Sur le sable, l'empreinte de nos corps

 

Arrêtons-nous et pleurons au souvenir de l'aimée.

Maison près du banc de sable entre Dakhoul et Harmal,

 

Toudiha et Migrat, les vents du Nord et du Midi

Leur étoffe ont tissé mais n'ont point effacé sa trace.

 

Mes compagnons près de moi ont arrêté leurs montures,

Disant: "Maîtrise-toi et fuis cette affliction mortelle."

 

Ma guérison, amis, c'est de laisser couler mes larmes;

Mais doit-on s'affliger d'une trace effacée?

 

N'as-tu pas courtisé Oumm-oul-Houwayreth avant elle,

Et puis encore la belle Oumm-oul-Rabab à Ma'sal?

 

Quand elles se levaient, des effluves de musc partout

Se répandaient, parfum d'oeillet porté par le zéphyr.

 

En les quittant, d'abondantes larmes avaient coulé

Jusqu'à ma gorge et mon ceinturon en était mouillé.

 

Oui, plus d'un jour parfait d'elles tu as pu obtenir,

Et surtout, parmi ces jours, celui de Darah-Djouldjoul.

 

Et cet autre ou j'ai tué mon cheval pour les pucelles,

Quelle surprise de les voir toutes décamper sous leur charge!

 

L'une à l'autre, les morceaux elles s'étaient arraché,

La viande, puis la graisse aux bords frangés comme la soie.

 

Je suis entré un jour dans le palanquin d'Onayza...

"Malheur! Tu vas me forcer d'aller à pied, me dit-elle."

 

Et entre-temps le palanquin ployait avec nous deux...

Et puis: "Descends, Imrou'l-Quays, tu fatigues ma bête."

 

Et moi de lui répondre: "Va, laisse filer sa longe;

Ne m'éloigne pas, de grâce, de ton fruit qui distrait...

 

J'ai visité des femmes comme toi, et même enceintes,

Qui ont laissé leur nourrisson, entouré d'amulettes...

 

S'il pleurait, de moitié se tournaient vers lui, et mon soc

Les pourfendait tranquillement, sans être détourné."

 

L'une un jour se refusa sur la colline de sable,

S'obligea de rompre, par un serment indissoluble.


Doucement! O Fatima, après ta coquetterie.

Modère-toi, même si la rupture est décidée.

 

Cela t'a-t-il séduite de voir ton amour me tuer,

De constater que mon coeur t'obéit sans murmurer?

 

Si quelque créature t'a poussée à ma haïr,

Sépare nos habits: tu verras qu'unique en est la trame.

 

Tes beaux yeux n'ont pleuré qu'afin de mieux lancer les traits

Qui ont blessé à mort un coeur déchiré de douleur.

 

Au coeur même d'une alcôve imperméable au désir,

Avec ma belle à loisir j'ai savouré mon bonheur.

 

J'avais passé à travers une troupe de gardiens

Qui me guettaient, me préparant une mort infamante;

 

Lorsque dans le ciel la Pléiade s'était déployée,

Comme un assortiment de perles sur une ceinture,

 

Je suis entré, alors qu'elle avait pour dormir ôté

Près du rideau ses habits, sauf la tunique légère.

 

"Non! Par Dieu! Ta ruse n'a pas de cours ici, dit-elle,

Je vois que tes séductions sont loin de disparaître."

 

Je l'emmène aussitôt, lui ouvrant le chemin, mais elle,

Traînant un manteau d'homme à terre, effaçait nos deux traces.

 

Lorsque nous eûmes traversé la place du village

Et atteint le fond d'un vallon encerclé par les dunes,

 

De mes mains sur ses tempes je l'incline, elle se ploie

Sur moi, taille mince et jambe prospère, ornée d'anneaux.

 

Svelte et blanche, elle n'offrait aucune ample solitude;

Sa poitrine était lisse et polie ainsi qu'un miroir.

 

Reflets de refus ou désirs sur un visage lisse,

Oeil complaisant d'un fauve de Wadjrah sur son petit,

 

Un cou aussi beau que celui de la gazelle blanche,

Délicat, lorsqu'il se dresse, et sans aucun ornement;

 

La chevelure abondante et très noire, ornant le dos.

Riche ainsi qu'un rameau de palmier chargé de fruits;

 

Et ses boucles rebelles se relèvent indomptées,

Noyant les rubans dans un flot d'ondes enchevêtrées;

 

Des flancs délicats, souples comme une corde tressée;

La jambe, un cep soutenu dans une terre irriguée,

 

Et des miettes de musc dessus sa couche éparpillées,

Elle dort, le soleil haut, en tenue négligée.

 

Elle prend, elle reçoit avec de tendres mains souples,

Vrilles des vignes de Zabyi ou cure-dents d'Ishil;

 

A l'entrée de la nuit, elle dissipe les ténèbres,

Tel un feu, la nuit, d'un moine voué au célibat.

 

L'homme doux s'éprend avec ardeur de femmes comme elle,

Ayant ainsi grandi entre cuirasse et bouclier.

 

Pucelle dont l'or jaune fait ressortir la blancheur,

Qu'a fait fructifier une eau abondante et salutaire...

 


 

Les insensés parmi les hommes se sont consolés

De leur amour, mais le mien, mon coeur ne peut l'oublier.

 

IMROU'L-QUAYS (environ 540)

 

Par Samia Nasr
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Dimanche 14 juin 2009

Adieu

 

O Mayya! Tes lèvres par un orfèvre ciselées,

Après le sommeil, et ton corps, tendre rameau brisé!

 

Je revois les deux prunelles, un cou gracile et blanc;

Je revois les flancs alanguis où affleure le sang,

 

Uniques, tirant la poursuite, au mépris des gazelles...

Nous tuant sans pitié, sous le blâme et la réprimande.

 

Elle a vu ma pâleur, elle a vu mes rides multiples,

Après les injures du temps et du siècle superbe,

 

Dépouillant tout mon corps de sa frondaison de jeunesse;

Feuilles mortes, quand on agite un rameau nu, qui tombent...

 

Ou plutôt j'ai rompu l'étreinte, acceptant le refus,

Et la soeur des Banou-Labîd en a été surprise.

 

DHOU'L-ROUMMAH (117-735)

Par Samia Nasr
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Dimanche 2 novembre 2008

Le bain maure ce lieu clos où l’intérieur règne une atmosphère intime des femmes et chargée d’une légère brume, inspirera plusieurs peintres, qui leurs doigts d’artistes ont rapporté un érotisme sur leur toiles des femmes nues telle la toile d’Ingres (le bain turc), et d’autres peintres, comme les toiles de Jean-Léon Gérôme (Allumeuse de narghilé ; Le Bain de vapeur ; Grande piscine de Brousse), Jules Migonney (Le bain maure), Édouard Debat-Ponsan (Le Massage, scène de hammam).

Par Samia Nasr
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Vendredi 17 octobre 2008

Une opération mathématique

 

Toi et moi, nous faisons une opération mathématique
Un plus un égal deux tel le ciel et la terre qui sont vieux
Mais je retiens le chiffre UN qui est éternel tel un Dieu
Car à notre union, nous formons un seul corps magnifique


Me laissant recueillir par toi, sachant tu ne sois pas nul,
M'offrant à toi telle une déesse dans un rituel saint,
Cherchant  l’ équation de nos corps et le chiffre Un,
Te laissant résoudre notre union dans un calcul.

Avec mes formes orientales, mon ventre, mes mamelles,
Je flotterai légère et douce sur ton corps comme une fleur
Sans retenir cette flamme qui nous brûle comme une douleur,
Traversant le feu pour goutter les vrais plaisirs éternels

Dans les flammes, je ne soustrais aucun membre de ton corps,
Je me multiplie en te prodiguant milles baisers et caresses,
Je m'additionne dans la ferveur pour attiser le supplice,
Avec mes stimulations amoureuses, je t'emmène à la mort.

Une mort éternelle qui soulagera la fatigue de tes peines
Et tu ne compteras plus quand tu défloreras ma fleur de lys,
Ton membre goûtera de ma vigne jusqu'à qu'il gémisse
Ainsi cette union jusqu'à la béatitude ne sera pas vaine

La porte de ma vulve virginale, se fermera plus davantage
Afin que j'absorbe ta rosée dans mes membres avec douceur
Et grâce à notre combat lubrique en toute sa splendeur,
Nous mutons dans un seul corps, puissance d'un amour sage

Par Samia Nasr
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  • : Fathia Nasr
  • ile-des-poetes
  • : Femme
  • : Maroc
  • : cinéma Art nature Humour Littérature
  • : J'aime l'art sous toutes ses formes, littérature, peinture, 7ème art, théâtre, sculpture, photographie, les voyages. Je déteste la lâcheté, les faux amis et la bassesse. Mes mots clef sont: "Passion et Amitié".

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La passion des fleurs


La passion des fleurs

Créée le 21/05/09 par samiayann

L’île des fleurs

Sur l’île des fleurs,

Tout éveille nos sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,


Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,

Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
 


©Samia Nasr


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