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Île des Poètes

Poème: AMIS, UN DERNIER MOT ! par Victor Hugo

11 Septembre 2010, 01:13am

Publié par Fathia Nasr

victorhugo5

 

Toi, vertu, pleure si je meurs !

ANDRÉ CHÉNIER.

 

AMIS, UN DERNIER MOT !

 

Amis, un dernier mot ! - et je ferme à jamais

Ce livre, à ma pensée étranger désormais.

Je n'écouterai pas ce qu'en dira la foule.

Car, qu'importe à la source où son onde s'écoule ?

Et que m'importe, à moi, sur l'avenir penché,

Où va ce vent d'automne au souffle desséché

Qui passe, en emportant sur son aile inquiète

Et les feuilles de l'arbre et les vers du poète ?

 

Oui, je suis jeune encore, et quoique sur mon front,

Où tant de passions et d'œuvres germeront,

Une ride de plus chaque jour soit tracée,

Comme un sillon qu'y fait le soc de ma pensée,

Dans le cours incertain du temps qui m'est donné,

 

L'été n'a pas encor trente fois rayonné.

Je suis fils de ce siècle ! Une erreur, chaque année,

S'en va de mon esprit, d'elle-même étonnée,

Et, détrompé de tout, mon culte n'est resté

Qu'à vous, sainte patrie et sainte liberté !

Je hais l'oppression d'une haine profonde.

Aussi, lorsque j'entends, dans quelque coin du monde,

Sous un ciel inclément, sous un roi meurtrier,

Un peuple qu'on égorge appeler et crier;

Quand, par les rois chrétiens aux bourreaux turcs livrée,

La Grèce, notre mère, agonise éventrée;

Quand l'Irlande saignante expire sur sa croix;

Quand Teutonie aux fers se débat sous dix rois;

Quand Lisbonne, jadis belle et toujours en fête,

Pend au gibet, les pieds de Miguel sur sa tête;

Lorsqu'Albani gouverne au pays de Caton;

Que Naples mange et dort; lorsqu'avec son bâton,

Sceptre honteux et lourd que la peur divinise,

L'Autriche casse l'aile au lion de Venise;

Quand Modène étranglé râle sous l'archiduc;

Quand Dresde lutte et pleure nu lit d'un roi caduc;

Quand Madrid se rendort d'un sommeil léthargique;

Quand Vienne tient Milan; quand le lion Belgique,

Courbé comme le bœuf qui creuse un vil sillon,

N'a plus même de dents pour mordre son bâillon;

Quand un Cosaque affreux, que la rage transporte,

Viole Varsovie échevelée et morte,

Et, souillant son linceul, chaste et sacré lambeau,

Se vautre sur la vierge étendue au tombeau;

Alors, oh ! je maudis, dans leur cour, dans leur antre,

Ces rois dont les chevaux ont du sang jusqu'au ventre !

Je sens que le poëte est leur juge ! je sens

Que la muse indignée, avec ses poings puissants,

Peut, comme au pilori, les lier sur leur trône

Et leur faire un carcan de leur lâche couronne,

Et renvoyer ces rois, qu'on aurait pu bénir,

Marqués au front d'un vers que lira l'avenir !

Oh ! la muse se doit aux peuples sans défense !

J'oublie alors l'amour, la famille, l'enfance,

Et les molles chansons, et le loisir serein,

Et j'ajoute à ma lyre une corde d'airain !

 

Victor Hugo- Novembre 1831.

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loran 18/12/2010 09:06



Bonjour douce Fathia


je suis venu faire un petit tour dans ton jardin et j'en ai profité pour cliquer sur ta pub (2 mn) Bisou



laure76 14/09/2010 17:04



Encore un pti coucou


il avait quand même l'art de se faire des portraits  un peu baroque


;-) je trouve ! jamais un ti sourire !


lol MDR 


biz



covix 14/09/2010 13:37



très beau poème, qui donne le froid dans le dos... et les rois ne peuvent ils pas être remplacé par président ou chancelier... toujours d'actualité.


bonne journée


bises



Sourour 12/09/2010 23:22



passes une bonne soirée amitiés et bisous à mom






Viviane 12/09/2010 17:51



J'aime ce poème, il me donne des frissons ...
Passe une bonne fin de dimanche
Un bisou amical
Viviane



Dominique BAUMONT 12/09/2010 11:26



Du grand Victor Hugo ! Bisous. Dominique



Fils de Sourour 11/09/2010 12:50



un joli poème merci bonne fête


 



clementine 11/09/2010 12:33



j'aime beaucoup la photo et le poème


bonne journée


clem