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Île des Poètes

La légende de Isli et Tislit, les deux amoureux berbères

15 Octobre 2011, 15:46pm

Publié par Fathia Nasr

La légende « Isli et Tislit » raconte l’histoire de deux lacs d’Imilchil : ils furent dans une époque lointaine deux amoureux dont les parents refusèrent le mariage ; ils moururent d’amour et se transformèrent en ces deux lacs nommés « Isli ET Tislit » signifiant « le fiancé et la fiancée ». C’est sur le bord de ces lacs que, lors du « Moussem des fiançailles d’Imilchil », les jeunes hommes et les jeunes femmes berbères se découvrent, s’observent, participent à des concours poétiques dans l’espoir d’y découvrir, séduire et épouser l’être aimé.

 

Que dit la légende ?

     Adrukh iwa ru iwa gakh tin ijdad

     A yasmum eqqar iâaqqub ar teqqarkh .

 Traduction :

      « Je pleurerai

     Pleure

     Faisons comme les oiseaux

     O mon bien aimé

     Appelle Iâaqqub et que je l’appelle».

 D’un bout à l’autre de la montagne d’Imilchil, Tislit envoyait ces vers devenus célèbres à son amoureux qui y répondait par des vers non moins pathétiques.

Célèbres ? Plutôt légendaires car ces deux vers renvoient dans la culture amazighe du Moyen Atlas, à une légende qui dit à peu près ceci :

 « Il était une fois il y a de cela bien longtemps, deux amoureux qui avaient défrayé la chronique par leur idylle merveilleuse. Mais le Dieu de l’amour, outré par je ne sais quel manquement aux règles, après les avoir transformés en oiseaux, décida que les deux amoureux vivraient dans la même forêt sans jamais pouvoir se voir. »

C’est ainsi que commença le calvaire de ceux qui sont devenus une réalité pour les habitants du Moyen Atlas : tout le monde ici vous dira, à la nuit tombée, que les beaux cris qui se suivent, que vous entendez dire clairement : « Yaâkoub » puis « Ishaak » sont ceux des amoureux maudits. Ils s’interpellent ainsi et se rapprochent petit à petit l’un de l’autre, jusqu’à dit-on occuper le même arbre.

A ce moment là, craignant de crier en même temps et ne pas s’entendre, ils se taisent tous les deux en même temps, et un lourd silence enveloppe la forêt. A ce moment précis, le cœur tordu, les femmes et les hommes qui savent et qui croient en l’amour ont les larmes aux yeux. Chacun a pitié de ces damnés de l’amour sans raison apparente.

« Ah si l’un d’eux pouvait enfin crier ! Se lamente la contrée ».

Les amoureux attendent, attendent, dans les soupirs et la folle envie de voir enfin le bien aimé. En vain. Le désespoir, la lassitude mais surtout la volonté de recommencer de nouveau les prend tous les deux en même temps : ils s’envolent chacun dans une direction et, quelques kilomètres plus loin, ils se reposent sur la cime d’un cèdre, d’un chêne, d’un pistachier sauvage, d’un quelconque arbre. Puis le calvaire de l’absence, de la nostalgie, de la douleur recommence à crier : « Iâakououb » «Ishaaaak»…

Depuis les temps les plus reculés, ce cycle se refait chaque nuit au Moyen Atlas, surtout pendant les longues nuits d’hiver et de printemps. Il paraît que les deux oiseaux n’aiment pas l’été pour une raison non encore élucidée.

C’est donc en souvenir de cet éternel recommencement que Tislit envoie les vers déjà cités à Isli.

Un an auparavant, les deux jeunes se sont rencontrés, se sont aimés de toutes leurs forces. Mais pour leur malheur, ils appartenaient à deux groupes devenus rivaux pour une affaire que l’histoire n’a pas retenue.

Le mariage leur était donc impossible. Ainsi commença leur calvaire.

Pour venir à bout de la bêtise humaine, ils commencèrent une grève de la faim arrosée par leurs larmes et leurs chants.

La fille commença la première à chanter cet interdit contre nature dans ces termes :

  « aha yach a memmi nu yach

Amuttl en umarg es imzwura“

 

« Je te dis mon ami

La malédiction de l’amour

Ce sont les anciens… »

 

Isli lui renvoya son izli ainsi:

 «da etgallax ar i tebdit d ixf

allig da da zerrin midden walu

wer ya da essektayx »

 

« Je te jure que tu m’as séparé de ma tête

Et que les gens passent

sans que je les reconnaisse »

 

Tislit:

 « Ennighak day ennighak amarg ennk

ami ezzlumx timzin

Iggama wul ad ikn ijjawn »

 

« Je te dis et redis:

Ton amour est comme qui mangerait

une épie d’orge

jamais mon cœur ne s’en rassasie »

 

Isli :

 « ullah da tettax ar kni d ik tix assix afus

Ezzigh da tekkat inegri ed wuchi a wenna rix »

 

« je mange

et dès que je pense à toi

Je n’ai plus d’appétit

Ton absence est un obstacle

entre moi et la nourriture »

 

...un merveilleux arc en ciel fait par les mains de l’amour, s'étendait d'un bout à l'autre du lac, formant une couronne magistralement portée à la tête des deux amoureux d'Ait Hadiddou...

Je sais que ce lac sera notre adresse pour l'éternité .Tu verra, nous allons vivre dans la mort puisque on a été forcé de mourir dans la vie...

...et, désormais leur demain ''voulait dire malheureusement ''Jamais''...


 

 

Commenter cet article

SONYA 18/10/2011 20:15



je te souhaite une douce et belle fin de journée


ti bo



Denise Doderisse 18/10/2011 04:37



Bonjour, Fathia,


Ne compte pas trop sur mes photos car, si elles sont bien réelles, elles sont aussi bien enfouies dans des centaines ( voire des milliers !) de photos-papier que je vais mettre un certain temps à
tout re-découvrir !!!


Désolée de te décevoir


Gros bisous


Denise



Fathia Nasr 18/10/2011 15:50



Bonjour Denise, dommage, elles pourront être mes modèles pour ma peinture sur Isli et Tislit, merci pour ta réponse, gros bisous.



antilles 17/10/2011 20:14



     passe un excellent lundi.



Fathia Nasr 17/10/2011 21:04



Merci, également pour toi, bisous



covix 17/10/2011 16:15



Merci de ce partage, un peu de culture ne nuit pas...


Bises



Denise Doderisse 17/10/2011 09:11



J'ai beaucoup aimé cette légende d'autant que je connais ces 2 lacs dont je dois avoir de nombreuses photos dans mes archives !!! Mais je n'en connaissais pas la légende...


Merci Fathia


Bisous


Denise



Fathia Nasr 17/10/2011 21:00



Bonjour Denise, si tu trouves les photos de ces deux lacs, j'aimerai bien que tu mes les envoies, car je ne posséde pas des vraies photos sur Isli et Tislit, bonne soirée, gros bisous.



***ROSIA*** 17/10/2011 08:51



 


 


J'espère que tu as passé un très bon week-end----------


Je viens te souhaiter une bonne journée et une bonne semaine-------


Mes amitiés---------


Bisous--------


 






SONYA 16/10/2011 21:07



je te souhaite une très belle soirée


bisous 



LADY MARIANNE 16/10/2011 13:49



un beau conte mais triste - une histoire d'amour malheureuse hélas -
les pauvres fiancés -
bon dimanche  bises  Lady M



cricket1513 16/10/2011 11:30



gros bisous et bon dimanche


fathia


;)


christelle



***ROSIA*** 16/10/2011 11:27



 


 


Je te souhaite un très bon Dimanche---------


Bises du jour----------


 


 






tilk 16/10/2011 01:27



j'adore ce genre de légende


besos


tilk



SONYA 16/10/2011 01:22



j'ai apprécié ton billet


je passe te souhaiter une douce nuit et un bon dimanche rempli de bonheur


bisous 


 


 


•.¸.•*♥ Ś Ő Ń Ŷ Á ♥*• .¸.• 





 



Elo 15/10/2011 22:00



Elle est superbe cette légende, malgré cette tristesse qui règne... Bisous