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Île des Poètes

« Frankenweenie m’a permis de renouer avec mon enfance »

25 Novembre 2012, 15:46pm

Publié par Fathia Nasr

Frankenweenie de Tim Burton 5

Trente ans. Il aura fallu trente ans à  Tim Burton pour assouvir l’un de ses plus vieux fantasmes : réaliser un long métrage animé image par image (et en noir et blanc !) où il se penche sur sa propre enfance solitaire et mélancolique, farfouille dans ses souvenirs intimes et cinéphiles et, last but vraiment not the least, rend hommage à… son chien. Cette fiction rêvée pendant trois décennies est aujourd’hui devenu une réalité. Son titre : Frankenweenie, le même que celui du court métrage réalisé par Burton en 1984 en prises de vue réelles.

De Frankenweenie à Frankenweenie

 Frankenweenie de Tim Burton 1

 

D’un film à l’autre, l’argument du scénario - une variation canine autour du mythe de Frankenstein - est resté le même. Un gamin, Victor, désespéré suite à la mort soudaine de son chien adoré, Sparky, entreprend de lui redonner vie grâce à diverses manipulations scientifiques. Il y parvient et cache à ses parents comme à ses camarades de classe son pouvoir de ressusciter les morts. Mais la sidérante trouvaille de Victor, par ailleurs apprenti cinéaste d’horreur, est découverte par son entourage, provoque un bordel monstre (c’est le cas de le dire) dans la petite ville où il évolue et le plonge dans de douloureuses contradictions existentielles. « J’ai toujours pensé Frankenweenie comme un long métrage animé image par image, se souvient Tim Burton. Mais, à l’époque, mon statut au sein de Disney ne m’a pas permis de mener à bien le projet et je n’ai d’ailleurs pas tardé à me faire virer… C’était la pire période pour le cinéma d’animation et les gens de Disney ne pouvaient même pas envisager une telle noirceur dans un film. Un contre-sens, car les meilleurs contes pour enfants, comme les meilleures fictions de Disney - Blanche Neige ou Bambi -, ont toujours comporté de fascinantes zones d’ombre. En 1984, j’avais déjà dessiné les principaux personnages de Frankenweenie et, même si entre-temps j’en ai inventé d’autres, je les ai repris pour réaliser le film. »

Le Burton show

 Frankenweenie-de-Tim-Burton-8.jpg

Admirable d’invention du premier au dernier plan, le Frankenweenie d’aujourd’hui, produit par les mêmes Studios Disney (le triomphe commercial d’ Alice au pays des merveilles est passé par là), fait figure de film-somme pour Tim Burton. Un hasard ? En aucun cas, puisque le cinéaste revendique haut et fort le caractère 100% autobiographique de sa nouvelle créature animée. « Les personnages et les situations du film sont nés de mes propres souvenirs, explique-t-il. Comme Victor, je réalisais enfant des films en super 8 inspirés par les fictions horrifiques que j’adulais. Comme lui, j’avais un petit chien dont la mort, quand j’avais dix ans, m’a plongé dans le désarroi. Comme lui, enfin, dans mon quartier résidentiel, je vivais en solitaire et me livrais à des expériences farfelues. Gamin, j’envisageais de devenir scientifique ou bien je m’imaginais acteur enfilant le costume de Godzilla… Chaque détail du scénario se réfère à ce que j’ai vécu dans mon enfance et explique ce que je suis devenu aujourd’hui. » De Burbank, le quartier natal à Los Angeles du cinéaste, à New Holland, la ville fictive et puritaine de Frankenweenie, il n’y a donc qu’un demi pas. Comme dans  Edward aux mains d’argent, son monument de 1990, Burton emprunte les détours de la fiction ultra fantaisiste pour mieux se raconter. L’apprentissage et la domestication de l’inacceptable (la mort) par le cinéma. La solitude et la résistance du créateur dans un univers désolant de conformisme. Frankenweenie, avec ses bricolages à la Ed Wood, son chien rafistolé, ses tortues géantes et ses chats angora devenus monstres volants, déploie le Burton show, mais ne tombe jamais dans le fétichisme poussiéreux. Miracle d’humour noir, le film est surtout une merveille de sensibilité, une sorte de Recherche du temps perdu où Burton revient aux sources.

Retour vers le futur

Frankenweenie de Tim Burton 3

 

      Pour donner naissance à l’univers visuel du film, hommage en continu aux classiques du cinéma d’horreur des années 30, le cinéaste a utilisé des techniques antédiluviennes, farouchement atypiques en ce siècle où le numérique impose partout ses lois glaciales. «  Prendre une marionnette inanimée et lui donner vie : j’aime cela plus que tout... Et ce geste renvoie d’ailleurs intimement au thème profond de Frankenstein. Deux ans de travail ont été nécessaire pour réaliser Frankenweenie : le film est animé à 24 images seconde, ce qui implique que les animateurs doivent repositionner chaque marionnette 24 fois afin d’obtenir une seule seconde d’image. A ce rythme, réaliser un seul plan peut prendre entre deux jours et deux semaines en fonction de sa complexité. » Le résultat, c’est le moins que l’on puisse dire, est à la hauteur de l’investissement... Hélas pour lui (et pour Disney), le diamant noir Frankenweenie n’a pas séduit le public américain, gravement rebuté par cette histoire de chien revenu des morts, tournée en stop motion et en noir et blanc. Après l’échec de  Dark Shadows au printemps 2012, c’est la seconde déconvenue en moins d’un an pour Burton au box office U.S. Le cinéaste a connu d’autres creux dans sa riche carrière et il lui en faut plus pour s’inquiéter sur son avenir.  « Réaliser Frankenweenie m’a permis de renouer avec mon enfance, conclut-il. J’ai revisité mon inconscient avec ce film et ce voyage me donne beaucoup d’idées pour le futur. À Hollywood, on envisage les films comme un business, un commerce. Frankenweenie, sur le fond comme sur la forme, est aux antipodes de cette attitude. Il fait l’éloge de l’artisanat et témoigne de mon amour profond pour le cinéma. Je n’en ai pas fini avec lui. »

Frankenweenie-de-Tim-Burton-2-copie-1.png

Frankenweenie-de-Tim-Burton-7.jpg

Frankenweenie, Sortie le 31 octobre 2012.

 

Commenter cet article

bouchra 26/11/2012 20:40


bonsoir ma chère amie je te souhaite une bonne soirée 

covix 26/11/2012 11:19


Bonjour Fathia, 


Beau partage, j'aime l'univers de Tim Burton... pour le cinéma, pas toujours besoin d'effets spéciaux pour nous emporter dans la poésie de l'auteur, des images.


Bonne journée


Bises

Fathia Nasr 26/11/2012 17:43



Moi aussi mon ami Covix, bisous



jill bill 26/11/2012 08:04


Merci Fathia, suis fan de Tim.... belle journée de la part de jill, bises

Fathia Nasr 26/11/2012 17:43



Je ne suis pas la seule, merci mon amie Jill pour ta visite, bisous.



mamalilou 17/11/2012 01:35


il faut aimer le genre, c'est sûr...


je reconnais volontiers que ce n'est pas trop mon truc visuellement


mais c'est juste une affaire de visuel


après, l'angle me va très bien...


bisous

Fathia Nasr 18/11/2012 00:26



Bonsoir Mamalilou, j'adore les films fantastisques, et chacun son goût pour ses films, bonne nuit, et merci pour ta visite, gros bisous.



Stéphane 15/11/2012 22:20


Ca à l'air pas mal . Bravo pour cet article. A bientôt.

Jany 12/11/2012 08:30


Bonjour ma belle Fathia,


Je viens te souhaiter une excellente semaine emplie d'une multitude de petits bonheurs, de sérénité, de paix.


Je t'embrasse bien fort. A bientôt !


Jany.

Eliane 11/11/2012 16:56


hello Fathia


Du soleil pour ce dimanche, retour de balade, super sympa ! j’espère aussi beau chez toi  Bisous



Fathia Nasr 11/11/2012 21:42



Bonsoir ma chère Eliane, merci pour ta visite, j'irai  voit tes blogs un peu plus tard, gros bisous.



tilk 10/11/2012 18:03


je suis impatient d'aller le voir ...je te dirais...


besos


tilk

Fathia Nasr 11/11/2012 00:10



Moi aussi mon ami Tilk, gros bisous.



Sabine 10/11/2012 14:57


Même si ce cinéaste ne connaît pas le succès escompté avec son film, la part de bonheur que ce film aura créé en lui n'a pas de prix !


Il s'est, en quelque sorte, et par le biais de cette expérience prodigieuse, réconcilié avec lui-même et c'est le plus bel oscar !


Il y a toujours un bout de notre histoire dans ce que nous créons avec foi et ardeur, même si nous ne nous en rendons pas toujours compte sur l'instant ...(valable pour le conteur, le sculpteur,
et tant d'autres artistes)


Je te fais un gros bisou : sabine.


(Vraiment envie d'aller voir ce film !)

Fathia Nasr 11/11/2012 00:12



Tim Burton est un grand scénariste et producteur américain, mais il est un petit enfant rêveur, un peu comme moi, bonne nuit mon amie Sabiene, gros bisous.



mamazerty 10/11/2012 08:52


bien qu'absolument pas cinéphile si l'occasion s eprésente j'irai voir avec les deux plus grands de mes petits- enfants...bisous à toi et beau week end

Fathia Nasr 11/11/2012 00:15



Tes petits enfants seront sûrement heureux de voir un tel film, un peu effrayant, mais c'est une façon pour aider les enfants de n'avoir jamais peur de la mort ou de tels films d'horreurs...bonne
nuit mon amie Mamazerty, gros bisous.



covix 09/11/2012 18:47


Il faut parfois retrouver son âme d'enfant.


Bonne fin de semaine


Bises

.•°•.Ś Ő Ń Ŷ Á.•°•. 09/11/2012 18:21


alors tu m'as bien  donner une source d'informations


on a toujours tendance à regarder des films 


mais ne pas avoir le courage d'en savoir plus 


belle soirée


ti bo


.•°•.Ś Ő Ń Ŷ Á.•°•. 

LADY MARIANNE 09/11/2012 12:23


merci pour ces explications !!
il va faire salles pleines le 31 !!
bon week-end- bisous !

bouchra 09/11/2012 08:28


bonjour ma chère merci pour ce joli partage et bonne journée bisous

jill bill 08/11/2012 22:37


Merci pour la page info sur ce film d'animation, perso j'aimerais bien le voir !!! Bonne nuit Fathia !  Jill, bises

Fathia Nasr 11/11/2012 00:19



Bonsoir Jill Bill, j'aime lire tout ce qui concerne les productions du cinéma de Tim Burton, puis regarder ses films, car il est maître du fantastique, un monde qui m'attire le plus en
comparaison d'autres, bonne nuit, gros bisous.