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Île des Poètes

Conte Marocain: Ils pleurent et se lamentent

22 Avril 2012, 22:14pm

Publié par Fathia Nasr

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Ils pleurent et se lamentent

 

Il y avait un homme très pauvre, chargé d’enfants. Comme il était sorti un jour à la recherche de travail pour nourrir sa famille, il rencontra un vieillard qui lui propose :

- «  Veux-tu venir travailler chez nous ?

- En quoi consiste ce travail ?

- Tu iras simplement acheter tous les jours de quoi manger, et pour cela tu seras payé autant que tu voudras. »

Il suivit le vieillard qui le conduisit dans une maison où était réunie une assemblée de vieillards qui ne faisaient que pleurer et se lamenter. Ces gens semblaient très riches, car toutes les chambres étaient pleines d’or, d’argent et de pierreries.

« Tu peux, dit le vieillard, prendre tout ce que tu voudras dans ces chambres, sauf dans celle-ci que je te conseille de ne jamais ouvrir.»

Et il retourna pleurer et se lamenter avec les autres vieillards. Â partir de ce jour, l’homme se  mit à les servir, allant chaque matin leur acheter à manger. Il avait parfois envie d’entrer dans la chambre interdite et demandait souvent des explications ; mais le vieillard lui répondait toujours : «  Je pourrais te le dire, mais ce n’est pas ton intérêt. Si tu savais, cela te porterait malheur. »

L’un après l’autre, les vieillards mouraient. Notre homme s’occupait des funérailles, pendant que les autres continuaient à pleurer et à se lamenter.

Le dernier à mourir fut celui qui l’avait embauché, et ses ultimes paroles furent : «  N’ouvre pas la chambre. »

L’homme, après avoir enterré le vieillard, se retrouva seul dans la maison. Il était désormais très riche, mais la curiosité le dévorait, et un jour, n’y tenant plus, il ouvrit la fameuse porte interdite.

Il se trouva aussitôt dans un pays ravissant, sur les rives d’une mer inconnue. Une petite barque en or y était accostée. De très jolies jeunes femmes en descendirent, l’accueillirent gracieusement et, lui désignant le trône qui se trouvait au milieu de la barque, lui dirent : «  Monte, ô notre roi ! »

Et c’est assis sur un siège qu’il traversa les flots et arriva dans un plais où une reine, d’une extrême beauté, attendait depuis des jours et des jours le mari qui devait venir par la porte merveilleuse. Trois vieilles femmes respectables s’approchèrent : «  Nous sommes les trois cadis de la ville et nous venons consacrer ton mariage avec la reine. Tu n’auras rien à faire. Tu es dans un royaume où ce sont les femmes qui travaillent, qui gouvernent, et qui font la guerre. Les hommes ne font que semer et labourer la terre. »

C’est ainsi qu’il devint roi du pays fortuné où les hommes ne font que semer et labourer la terre.

Son bonheur était immense. Tous ses vœux étaient exaucés. Il lu semblait vire dans le plus beau des rêves. Et il n’avait rien d’autre à faire que de jouir de cette vie merveilleuse, se promener dans les jardins féeriques, écouter les chants les plus doux qui faisaient s’arrêter les oiseaux dans le ciel. La reine, son exquise femme, qu’il chérissait tendrement, le déchargeait de tous les soucis du pouvoir. Car dans ce pays, les femmes s’occupaient de tout et les hommes n’avaient qu’à semer et labourer la terre.

Après sept années de ce bonheur sans mélange, la reine lui dit : «  Nous avons tous les sept ans une guerre contre un peuple voisin qui vient nous attaquer, et je dois partir à la tête de mon armée. Voici les clés de toutes les pièces du palais. Tu peux toutes les ouvrir, voir et user de tout qu’il y a dedans. Mais cette chambre-ci, je te conseille de ne pas l’ouvrir, cela te porterait malheur. »

Il promit de s’en abstenir et fit ses adieux à sa chère épouse, qu’il vit bientôt partir à la tête d’une armée de femmes.

«  Si en ouvrant la première porte, se dit-il une fois seule, je me suis trouvé dans ce paradis, que vais-je découvrir derrière celle-ci ? Je vais tout de suite l’ouvrir. »

Et ce disant il mit la clef dans la serrure. Â peine les battants s’étaient-ils écartés qu’un vautour sur lui, l’emporta dans ses serres et le posa à l’endroit même où il avait ouvert la première porte.

Il en resta toute une journée ahuri. Puis il se réveilla, entra dans une chambre et se mit à pleurer et à se lamenter.

 

Par Philippe Fix

Commenter cet article

bouchra 25/04/2012 23:14


salam ma chère amie j'éspère que tu vas très bien merci pour le partage gros bisous 

Suzâme 25/04/2012 18:10


Bonjour Fathia,


Quel magnifique conte ! Il donne envie de connaître davantage l'auteur. La chute de cette histoire nous enseigne beaucoup sur nous-mêmes. A bientôt. Suzâme

Fethi 24/04/2012 10:09


Un très beau conte dans la lignée de la tradition maghrébine. Bonne journée Fathia

cacao 23/04/2012 23:04


Bonsoir Fathia. Ce conte est superbe. On ne s'attend pas du tout à cette fin. et il donne à réfléchir... Grosses bises.

LADY MARIANNE 23/04/2012 21:50


merci pour cette belle histoire!!
ha voilà d'être curieux !!
bonne soirée - bisous !

covix 23/04/2012 18:38


Merci Fathia pour ce conte. Comme quoi parfois il faut écouter les femmes!


bonne soirée


Bisous.


Ps: Je serais absent durant quelques jours, mon ex femme a perdu son père .


 

lagardére 23/04/2012 15:17


belle histoire ...belle morale surtout........il faut savpoir rester modeste.....j'ai adoré ce conte........bonne journée..........;bisesssssssssssssss
claude