Jeudi 8 janvier 2009


Des enfants palestiniens victimes de Gaza

D'après cette image qui sont les terroristes


JE SUIS POUR LE TERRORISME

De terrorisme on nous accuse

Si nous osons prendre défense

De notre femme et de la rose

Et de l'azur et du poème

Si nous osons prendre défense

D'une patrie sans eau sans air

D'une patrie qui a perdu

Sa tente et sa chamelle

Et même son café noir.

De terrorisme on nous accuse

Si nous osons prendre défense

De la crinière

De la reine de Saba

Des lèvres de Maysoun

Des noms de nos plus belles filles,

Du khol qui de leurs cils

En pluie retombe

Comme une chose révélée.

Certes vous ne trouverez pas

En ma possession

De poésie secrète

Ni de parler énigmatique

Ou des ouvrages clandestins,

Et par devers moi je ne garde

Aucun poème traversant

La rue, caché derrière son voile.

De terrorisme on nous accuse

Quand nous décrivons les dépouilles

D'une patrie

Décomposée et dénudée

Et dont les restes en lambeaux

Sont dispersés aux quatre vents…,

D'une patrie

Cherchant son adresse et son nom…

D'une patrie ne conservant

De ses antiques épopées

Que les élégies de Khansa…,

D'une patrie

Où ni le rouge, ni le jaune, ni le vert

Ne teignent plus les horizons…,

D'une patrie qui nous défend

D'écouter les informations

Ou d'acheter quelque journal…,

D'une patrie où les oiseaux

Sont censurés dans leurs chansons,

D'une patrie où, terrifiés,

Les écrivains ont pris le pli

D'écrire la page du néant…,

D'une patrie

Qui ressemblerait dans sa forme

A la poésie

Dans notre pays

Sorte de langage égaré

Improvisé

Sans aucun lien avec les êtres

Sans aucun lien avec leur terre

Ni avec les problèmes

Dans lesquels ils se débattent vainement,

D'une patrie allant pieds nus

Et sans aucune dignité

Vers la paix négociée…

D'une patrie

Où les hommes pris de panique

Ont fait pipi dans leurs culottes

Et où ne restent que les femmes.

Le sel amer est dans nos yeux

Et sur nos lèvres,

Il est dans nos propres propos.

Notre âme a-t-elle été touchée

De stérilité héritée

Léguée par la tribu Kahtane.

Dans notre nation,

Il n'y a plus de Mu'awya

Plus de Abu Sufiane

Plus personne pour crier "Gare" !

A la face de ceux qui ont abandonné

A autrui notre foyer

Et notre huile et notre pain

Transformant notre maison

Si heureuse en capharnaum.

Il ne reste plus rien de notre poésie

Qui n'ait sur le lit sur tyran

Perdu sa virginité.

Du mépris nous avons pris

Le pli de l'habitude.

Que reste-t-il donc de l'homme

Lorsqu'il s'habitue au mépris ?

Je recherche dans les feuilles de l'Histoire

Usaman Ibn Munkid

Okba Ibn Nafi',

Je recherche Omar,

Je recherche Hamza,

Et Khalid chevauchant

Vers la Grande Syrie,

Je recherche al Mu'tacim

Sauvant les femmes

De la barbarie des envahisseurs

Et des furies des flammes,

Je recherche dans ce siècle attardé

Et ne trouve dans la nuit

Que des chats apeurés

Craignant pour leur personne

Le pouvoir des souris.

Avons-nous été atteints

De nationale cécité ?

Ou bien tout simplement

Souffrons-nous de daltonisme ?

De terrorisme on nous accuse

Quand nous refusons notre mort

Sous les râteaux israéliens

Qui ratissent notre terre

Qui ratissent notre Histoire

Qui ratissent notre Evangile

Qui ratissent notre Coran

Et le sol de nos prophètes.

Si c'est là notre crime

Que vive le terrorisme !

De terrorisme on nous accuse

Si nous refusons que les Juifs

Que les Mongols et les Barbares

Nous effacent de leur main.

Oui, nous lançons des pierres

Sur la maison de verre

Du Conseil de Sécurité

Soumis à l'empereur suprême.

De terrorisme on nous accuse

Lorsque nous refusons

De négocier avec les loups

Et de tendre nos deux bras

A la prostitution.

L'Amérique

Ennemie de la culture humaine

Elle-même sans culture,

Ennemie de l'urbaine civilisation

Dont elle-même est dépourvue,

L'Amérique

Bâtisse géante

Mais sans murs.

De terrorisme on nous accuse

Si nous refusons un siècle

Où ce pays de lui-même satisfait

S'est érigé

En traducteur assermenté

De la langue des Hébreux.


Poème de Nizar Kabbani

 

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes de Nizar Kabbani - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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La passion des fleurs

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Créée le 21/05/09 par samiayann

L’île des fleurs

Sur l’île des fleurs,
Tout éveille nos sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
 Invitant nos corps à la danse,


Un oasis de fleurs,
 De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,

Soyez bienvenues mes amis
 Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
 


©Samia Nasr


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